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Des constats préoccupants

Manger est un besoin indispensable qui concerne chacun d’entre nous. Sur le territoire du PAT, l’ensemble des activités, des espaces et des personnes qui permettent à la population de se nourrir sont caractérisés par une grande richesse et une grande diversité. Cependant, nos choix de consommations (origine, qualité, ou encore nature des aliments) et notre manière de les produire, de les transformer et de les distribuer ne sont pas sans conséquences sur le bien-être des habitants, la santé de l’environnement ou encore l’activité économique de notre territoire.

Les effets de nos régimes alimentaires sur notre santé

Nos pratiques alimentaires ont beaucoup évolué au cours de ces dernières décennies : nous mangeons moins de fruits et de légumes, plus de viande et de produits ultra-transformés souvent riches en sucre et en graisses. De moins en moins diversifiés et équilibrés, nos régimes alimentaires portent des facteurs de risques en partie responsables d’une augmentation des maladies chroniques et des affections longue durée (ALD) telles que le diabète, l’obésité (qui en 2019 touchait 17% de la population française, d’après le ministère des solidarités et de la santé) ou encore des cancers.

Les impacts sur le paysage agricole

Depuis 1970 sur le territoire du PAT, 35 000 hectares de SAU ont été perdus, soit l’équivalent de 50 000 terrains de football

En France, la Surface Agricole Utile (SAU) est en diminution constante, et est passée de 34,5 millions d’hectares en 1960 [1] à environ 29 millions d’hectares aujourd’hui [3]. Si l’on poursuivait les tendances actuelles, 20 000 ha de surfaces agricoles pourraient être perdus sur le territoire du PAT d’ici à 2050 [2]. L’artificialisation des sols pour les constructions humaines (zones d’activité, habitats, aménagements, routes) est la principale cause de ce déclin, avec des conséquences difficilement réversibles sur la quantité de terres agricoles fertiles disponibles et sur les ressources naturelles (imperméabilisation et réchauffement des sols, faible renouvellement des ressources hydriques, appauvrissement de la biodiversité).

Plus particulièrement, les surfaces de prairies permanentes diminuent, au profit des prairies temporaires et des cultures. Elles représentent pourtant une ressources herbagère importante pour maintenir des élevages autonomes et de qualité, mais également des réservoirs de biodiversité et des puits de carbone.

Les risques pour l’économie agricole locale

La diminution du nombre d’exploitations et plus globalement la diminution de la production agricole sur le territoire a des impacts sur l’emploi agricole, mais aussi sur l’aval des filières, c’est-à-dire l’emploi agro-alimentaire.

Le Parc Livradois-Forez est une zone historique d’élevage. Toutefois, on constate ces dernières années une diminution des exploitations en bovins lait au profit de l’élevage de bovins viande. Le faible renouvellement de la population agricole est un problème généralisé : entre 1990 et 2018, elle a été divisée par deux et représente aujourd’hui moins de 3% des actifs en France [3]. Cette évolution affecte le nombre, la structure et le fonctionnement des exploitations agricoles (vieillissement des agriculteurs, tendance à l’agrandissement des exploitations, perte d’autonomie technique et énergétique des exploitations, etc) avec des conséquences sur les emplois agroalimentaires à l’aval des filières.

En 2019 en France, l’agriculture et l’alimentation étaient responsables de l’émission de 163 millions de tonnes équivalent CO2, soit environ 16 000 fois le poids de la Tour Eiffel [4]

Des impacts sur l’environnement et la biodiversité

Les évolutions climatiques qui s’observent modifient en profondeur les écosystèmes et les changements que l’on observe déjà aujourd’hui tendront à s’aggraver dans les prochaines décennies. La chaine alimentaire a des conséquences sur la santé environnementale, de la production à la consommation. À titre d’exemple, la biodiversité sauvage et la biodiversité cultivée se sont considérablement appauvries : 26 % des espèces évaluées sont éteintes ou menacées en France en 2018, d’après le ministère de la transition écologique et solidaire. Cela crée alors un facteur de vulnérabilité supplémentaire pour les cultures et les espaces naturels, également touchés par la pollution du sol et de l’eau, ou encore par les émissions de gaz à effet de serre. Ces bouleversements exacerbent des tendances à l’œuvre (persistance du CO2 dans l’atmosphère, diminution de la ressource disponible en eau) et font peser des risques croissants sur la production agricole.

De plus, à l’échelle mondiale, un tiers de la production alimentaire est perdue ou jetée tout au long de la chaîne [1]. En France plus particulièrement, environ 17,4 millions de tonnes de nourriture sont gaspillées ou perdues [1], soit environ 1700 fois le poids de la Tour Eiffel.

Les conséquences sur l’autonomie alimentaire des territoires

Alors que le territoire dispose d’entreprises agroalimentaires et d’équipements performants qui lui permettent d’exporter environ 23% de sa production (produits laitiers, céréales, etc) il est encore fortement dépendant aux importations notamment de fruits et de légumes, qui en 2010, représentaient une importation de 120 000 tonnes environ. À l’échelle nationale, on observe une tendance à la spécialisation des productions par région agricole (avec 40% de la SAU au service de productions destinées à l’exportation, d’après Solagro). À long terme, les effets couplés de la réduction des surfaces agricoles, de la mondialisation des filières d’approvisionnement et des impacts du changement climatique sur les rendements renforcent la dépendance du territoire à des importations extérieures et diminuent la connexion entre les pratiques alimentaires des habitants d’un territoire donné, et la disponibilité géographique et saisonnière des aliments.

[1] Scenario Afterres 2050 (pdf, 25 588 Ko)

[2] Le livret du PAT (pdf, 3 639 Ko)

[3] Agreste 2019

[4] L’empreinte énergétique et carbone de l’alimentation en France, ADEME, janvier 2019